Breath of Death VII

La bonne blague que voilà.

Je sens que je vais avoir du mal à dépasser les vingt lignes sur cet article.
par Doude


Il arrive que l’Homme, dans son égarement, perpétue des actes l’enfonçant toujours plus loin dans le bourbier de la damnation. Égorger des bébés phoques, écouter Sexion d’assaut, acheter ce jeu, sont des exemples parmi d’autres de cette inconsciente tendance à l’ignominie la plus crasse.

  • Date de Sortie
  • Genre
  • Plate-formes
  • Développeur
  • Juillet 2011
  • J-RPG faussement antédiluvien
  • Steam
  • Zeboyd Games

Ça n’a pourtant l’air de rien, à première vue. Breath of Death est un jeu indépendant, un « petit jeu » qui se revendique de l’oldschool avec une inspiration Dragon Quest et Final Fantasy des tout débuts. La bonne nouvelle, c’est qu’effectivement on tient là un RPG ‘hardcore’ avec un véritable retour aux sources pour ce qui est des mécaniques de jeu. La mauvaise, c’est que ça n’a pas grand intérêt.

Ennuiiiiii

Le monde a été ravagé, et ça se voit : il est tout mal dessiné maintenant.

Niveau histoire, nous jouerons DEM, un squelette qui ne peut pas parler (absence de cordes vocales oblige) et ses compagnons d’aventure dans une quête désespérément bateau et linéaire qui nous mènera du point A au point B en tapant sur des monstres pour dégommer un boss de fin. Les combats « à l’ancienne » au tour par tour via des box de texte n’offrent pas de possibilités stratégiques et sont désespérément ennuyeux, ce n’est donc pas le cœur du jeu. Où est-il, alors ? Pas dans l’histoire non plus. Elle part d’une idée intéressante pourtant: l’humanité s’étant auto-éteinte suite à une grosse vilaine guerre, le monde n’est plus peuplé que de squelettes, revenants et autres vampires qui essayent de donner un sens à leur non-vie. Notre groupe va donc devoir traverser cet univers tout mort pour comprendre pourquoi tout part à vau l’eau comme ça, pourquoi les monstres sont revenus embêter les gens, et péter les dents aux forces du mal. Le jeu a beau ne pas se prendre au sérieux et revendiquer un certain humour, ce vide sidéral est décevant. Le non-charisme des protagonistes n’arrange rien malgré quelques tentatives de dialogues rigolos.

Les graphismes ? Des menus noirs et des sprites à l’ancienne, hélas peu inspirés et vides de personnalité. On retrouve un vague air de ressemblance avec des personnages de Dragon Ball ici et là, ce qui fait penser à un hommage à la série des Dragon Quest dont M. Toriyama a été le lead artiste pendant trèèèès longtemps, mais en version moche. Les ennemis ont beau avoir des noms rigolos du genre « fleur furieuse » ou « crapaud mort-vivant », leurs sprites sont tristement plats !

Reste la musique, sympa au début, chiante à la longue, à qui il manque cette étincelle qui transforme les bruits immondes sortant d’une NES en mélodie mémorable.

On ‘fait’ du RPG juste pour faire du RPG. Répéter les mêmes mécanismes sans but, sans variations, les mêmes combats, les mêmes décors… au moins Breath of Death va à l’essentiel et nous permet d’avancer sans discontinuer, en redonnant systématiquement tous les PVs aux personnages une fois les combats résolus par exemple, ce qui évite de faire des aller-retours en ville. Le farming n’est pas nécessaire pour progresser, ce qui est appréciable. Aller à l’essentiel, c’est aussi apparemment réduire les dialogues et n’offrir que des options d’équipement et de spécialisation faméliques. Le tout se boucle en moins de cinq heures. Il ne reste donc plus grand chose !

Les bons vieux dauppeulgangers.

Les combats sont chiants.

On va arrêter là, je crois que vous avez compris. Ma théorie est que ce jeu est un bon coup de troll de la part de ses développeurs qui se sont demandés s’il était possible de faire des sous en vendant un prototype RPG-maker sur Steam à moins de 2$. Le pire, c’est qu’il a eu une bonne presse, le salaud. Je dois être trop aigri pour comprendre toute la finesse des références nostalgiques de l’âge d’or disparu où les jeux étaient moches parce que les machines avaient autant de puissance de calcul qu’un grille-pain. Mon conseil: quitte à jouer vieux, autant se refaire les jeux dont celui-là est inspiré.

On aime:

  • Vraisemblablement, se faire du mal. J’ai quand même joué plusieurs heures à ce truc, rendez-vous compte de la souffrance !

On râle sur:

  • A peu près tout. Attendez, je recompte… oui, c’est ça : tout.

La note de la rédac :      

 
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A propos de l'auteur

Doude c’est un peu le mélange improbable d’un metalleux et d’un graphiste. Ou bien peut-être est-il le fils illégitime d’un rôliste et d’un touriste de compétition ? Nul ne saurait le dire avec certitude. Une chose est certaine cependant, il a les cheveux longs: digne atour de tout représentant de chacune des quatre espèces susnommées. Peut-être même est-il notre chroniqueur le plus proche de notre mascotte Günther ? Nous laisserons nos lecteurs apprécier les similitudes capillaires entre les deux êtres, tant elles sont frappantes. L’homme chevelu est donc notre gribouilleur officiel à qui nous devons Günther et les autres pitreries visuelles du blog. Il est par ailleurs chroniqueur et en tant que touriste des mondes virtuels, il traînera ses guêtres aux alentours des concepts arts et s’attachera particulièrement à l’aspect visuel et à la beauté des jeux vidéos. Le Doude est votre ami : écoutez ses conseils d’homme extérieur à la vraie tribu des gamers et il vous apportera son oeil nouveau et perspicace. Un homme sage somme toute. [biographie by Seb]