Battle for Wesnoth, la stratégie tour par tour Open Source
par Günther le 12 avril 2012
 

Battle for Wesnoth

Le jeu de stratégie infini

Parmi les jeux gratuits, on trouve une enclave un peu particulière, celle de l’OpenSource. Séb vous parlait d’OpenTTD la semaine dernière et moi c’est de Battle for Wesnoth, son cousin allaité aux romans de Tolkien, Moorcock et Feist que je voulais vous parler !

Date de sortie: Première release en 2003, version 1.0 en Octobre 2005

Genre: Stratégie tour-par-tour OpenSource qui pousse des petits piaillements rôlistiques
Plate-forme: PC/Mac, Linux, AmigaOS, iOS
Disponible ici : 
http://www.wesnoth.org

Développeur: David White + Beaucoup de monde

Quand on a arrêté de jouer avec Doude, on était dans la merde

Quand on a arrêté de jouer avec Doude, on était dans la merde

David White commence son « petit » jeu tout seul et sans prétention et sort dans un premier temps une version bêta assez complète qui séduit les internets et se propage à vitesse grand V. Le projet individuel se transforme et devient un projet communautaire à grande échelle et prend de l’ampleur. En 2008, les petits bonshommes reçoivent des renforts gigantesques puisque c’est Google qui s’intéresse au jeu ! Depuis 2008, Battle for Wesnoth bénéficie ainsi chaque année du Google Summer of Code (pour les profanes, il s’agit d’un événement estival orchestré par Google proposant à des étudiants de programmer pour un projet OpenSource contre (généreuse) rémunération). D’ailleurs, pour les programmeurs qui pourraient nous lire, ce sera encore le cas cette année. Les visuels sont aussi améliorés en 2009 avec l’embauche de deux étudiants en graphisme. Le projet se permet ces folies grâce aux dons de la communauté, et décidément que de folies, nous en reparlerons plus tard !

Pourquoi tant d’engouement pour ce jeu ? Vous le verrez si vous le lancez, le graphisme est pourtant plutôt simpliste, un peu ingrat, de la 2D avec des pixels partout et des animations trop simples, même en 2003 on savait faire mieux. Pourtant ce côté rétro donne au jeu un charme, un style  qu’on ne saurait lui enlever. Depuis les campagnes s’agrémentent plus que régulièrement d’artworks pour représenter les personnages plus gracieusement pendant les dialogues. On reconnait d’ailleurs la campagne récente grâce à la présence ou non d’artworks, les plus récentes ne les ont pas forcément, il faut d’abord qu’un des peintres de la communauté s’y intéresse.

Toutes les campagnes commencent ainsi : un petit dialogue

Toutes les campagnes commencent ainsi : un petit dialogue

Côté scenario, les campagnes sont simples, les histoires ne présentent pas de twists complètement imprévisibles, de héros au charisme exalté ou de profondeur et de surprises. On ne peut que difficilement louer la plupart de ces histoires, pourtant l’univers en lui-même s’avère très sympathique et offre de nombreuses possibilités. Les races sont nombreuses, tellement nombreuses qu’on se prend parfois à se demander laquelle jouer.

La force de Battle for Wesnoth, vous l’aurez compris, réside ailleurs, elle se trouve dans son gameplay dont les fondamentaux sont simples : il faut recruter des troupes pour constituer une armée grâce à un potentiel pécuniaire produit par les villages sous contrôle et prendre d’assaut ses adversaires pour détruire leurs seigneur de guerre. A l’inverse, si votre général est tué, c’est vous qui perdez. Mais cette simplicité cache en fait nombre de subtilités. Chaque troupe possède ses armes spécifiques ainsi que ses compétences, ses caractéristiques et son potentiel d’évolution. Wesnoth emprunte au RPG et offre à chaque soldat une barre d’expérience qui, quand elle se remplit, lui permet d’évoluer, parfois sur 4 niveaux et, à chaque évolution, de régénérer sa vie, ce qui n’est pas anodin !

Le positionnement prend lui aussi tout son sens en combat. Les terrains offrent des couverts et font varier les chances d’être touché de 20 à 90%, et se trouver dans un village en début de tour permet de regagner des points de vie. Le type d’arme manié influe aussi en fonction de l’adversaire et un squelette sera bien plus sensible aux coups de massue qu’aux estocs d’une rapière ! Car oui, Wesnoth va jusque-là grâce à une longue, très longue expérience du feu et de très nombreuses versions avant même que la v1.0 ne voit le jour.

Le jeu propose par défaut une liste de 8 factions jouables : Loyalistes (des humains), Rebelles (des elfes), Nordiques (des orcs), Morts-vivants, l’Alliance knalgane (les nains), et les Dracans. Cette liste déjà sympathique et qui permet déjà de se faire agréablement plaisir se voit renforcée par une communauté généreuse.

La longue liste des extensions

La longue liste des extensions

Les folies que j’évoquais au début de l’article sont là, d’ailleurs, puisque nombre de développeurs et de graphistes arpentent la communauté pour proposer leurs rêves les plus fous. Les contenus ainsi créés se retrouvent tous hébergés sur un serveur global qui propose aux joueurs d’enrichir leur jeu en cliquant simplement sur le bouton extension pour se retrouver au milieu d’une liste dont on ne voit pas la fin. Ce jeu qui possède donc déjà une durée de vie surprenante en lui-même est renforcé par des passionnés. Je tiens à dire que j’adore particulièrement l’extension RPG AMLA Era qui fait prendre une autre tournure au jeu ! Et si ça ne vous suffisait pas pour vous amuser comme des petits fous, vous avez un éditeur de cartes d’une richesse à faire pâlir une panthère noire. Sérieusement il y a une myriade de skins qui se gèrent tous seuls pour s’adapter à ce qu’il y a dessous, pour ne pas reproduire tout le temps les mêmes motifs. Vraiment, cet éditeur est impressionnant, rien que pour en découvrir tous les visuels il faut y passer une bonne dizaine de minutes (voire plus)  !

Le fameux éditeur de cartes, lui aussi enrichissable et scriptable

Le fameux éditeur de cartes, lui aussi enrichissable et scriptable

Il y a, bien entendu,  un mode multijoueur qui propose… tout ! Des parties en chaises tournantes, en réseau local, en ligne, en ligne avec des inconnus, bref… tout est là. Les extensions proposent même des campagnes multijoueurs que je n’ai pas testées, mais c’est quelque chose qui devrait rythmer le cocotier incessament sous peu !

Bref, vous avez compris le message, il s’agit d’un jeu qui malgré ses quelques petits défauts vaut tout l’or du monde, et pourtant, il est gratuit ! Je me rend compte que je n’ai pas non plus parlé des musiques, mais celles-ci sont très belles bien que malheureusement assez répétitives pour mes esgourdes, et, malgré leur qualité, je m’en passe généralement ! On frôle la perfection, un tout petit mini-rikiki effort sur la bande-son et ce sera parfait.

(Test effectué entre les versions 1.9 et 1.10)

On aime :

  • Le charme de l’univers
  • Le côté rétro
  • Le gameplay ultra-fouillé
  • La stratégie tour-par-tour
  • Le mode Hotseat
  • La durée de vie quasi-infinie
  • Le fait que c’est Open Source

On râle sur :

  • La répétitivité des bandes sons
  • Le manque d’intérêt de beaucoup de scenarios
Le mot du touriste:
Merci à Flo pour la découverte de cette petite perle ! Bâtard modulable de Fire Emblem et de Final Fantasy Tactics avec encore plus d’opportunités tactiques et de subtilités, Wesnoth est effectivement un monde où on adore se perdre le temps d’une bataille (soit une jolie poignée d’heures, voire un aprem entier…) et en effet, on regrette l’absence d’un plot intéressant dans un jeu avec une durée de vie aussi énorme. Mais pour peu qu’on aime le genre, on prendra son pied à se prendre la tête (faut être souple) sur ces maps immenses pour des batailles à l’infini !

On aime


On râle sur


Günther c'est le gibbon à l'origine de tout, ou, comme l'appellent les anglophones : "The All-gibbon" ! Il aime les jeux, tous les jeux, même les mauvais. C'est pratique les mauvais jeux, ça fait des choses à lancer sur les gens ! Singe-en-chef de Goreroll, si vous avez une question, une remarque, ou juste envie d'un masque nauséabond, adressez-vous à lui.